Tout portrait du monarque est un portrait politique. Qu’il mette en avant un fait glorieux, ou transforme le roi en héros mythologique, le portrait royal est une œuvre de propagande.
Le portrait officiel, ou portrait d’apparat, qui présente le roi dans le costume de sacre traduit l’aspect divin de la monarchie française.
Le roi y montre les objets emblématiques du pouvoir, qui lui ont été remis au moment du sacre : la couronne, l’épée, les éperons, le sceptre, la main de justice, les chausses de soie violette brodée de fleurs de lis d’or, la robe dalmatique, de même étoffe et de même couleur.
Ces objets, devenus aux yeux de tous les emblèmes incontournables de la royauté apparaissent dans les tableaux d’apparat, même lorsque le monarque ou l’empereur, comme Louis XVIII ou Napoléon III, ne furent pas sacrés.
Il est certain que Louis XIII, et surtout Louis XIV ont « construit» de véritables modèles.
Ces tableaux, reproduits dans la fabrique des portraits royaux, avaient pour vocation, non pas de diffuser l’image du roi, mais de l’incarner, de le remplacer tel un égal, dans les hauts lieux de la magistrature et du pouvoir en province. Leur valeur n’est donc pas emblématique mais bien réelle ; le roi est présent, par son portrait, qui est parfois présenté sous un dais.