Cet extrait du Sonnet sur le portrait du Roi, paru en 1623 à l’occasion de l’entrée de ville de Louis XIII à Avignon, montre l’importance de l’image du roi. Voir le roi, voir son portrait, doter  la ville de son effigie, est un événement majeur.
Si les entrées de ville donnèrent le plus souvent naissance à une architecture éphémère, les transformations urbanistiques du 17ème siècle mirent au premier plan les places royales. Inspirées de celles des empereurs romains, les places royales françaises célèbrent la gloire du monarque, montrant « le roi de guerre » victorieux. Pour le monarque, l’enjeu politique est primordial puisque son effigie, comme l’évocation de ses victoires, construisent son image et renforcent sa popularité.
En 1614, Marie de Médicis fait placer sur un terre-plein de l’Ile de la Cité, à la hauteur du Pont-Neuf, une statue d’Henri IV. Dès lors, les places  royales se développent en province, les villes cherchant à se doter de ces « embellissements ».
Après la Révolution, les places républicaines, aux représentations allégoriques, viennent les remplacer.
Certaines « traditions » survivent cependant.
En 1970, la place de l’Etoile, à Paris, est rebaptisée place Charles de Gaulle quelques jours après le décès du Président. En 2001, une statue de l’ancien Président, signée Jean Cardot, est installée sur la place Clémenceau.