Entre rêve et réalité

 

"Bonaparte, premier consul, franchissant le Saint-Bernard, le 20 mai 1800" Anne François Arnaud, d’après Jacques-Louis David, 1ère moitié du 19e siècle - Huile sur toile - Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Troyes

Sous l’Ancien Régime, l’image du pouvoir est une image idéalisée, magnifiée, qui n’est en rien la représentation du réel. L’enjeu est ailleurs et la difficulté est grande de trouver l’équilibre entre la figure et la fiction. Les monarques ne ressemblèrent pas à leurs portraits. Ils n’étaient pas vêtus de la manière dont on les représenta, ne portèrent pas, ou très rarement, les insignes dont on les couvrit dans les tableaux et ne furent sans doute jamais aussi beaux qu’ils paraissaient. On les mit en scène dans des lieux et dans des décors architecturaux qui servirent leur gloire, les transformant en divinités antiques, en conquérants, en diplomates, et en « aménageant » leur image.

La Révolution française, en détruisant les symboles de l’Ancien régime, parvint-elle à créer de nouvelles images du pouvoir ? Ces images devinrent-elles des modèles ? N’est-il pas demeuré, dans les images du pouvoir républicain, une part de l’idéal qui conduit à réaliser de « petits mensonges » ?

Aujourd’hui, des rides, des rondeurs, des marques de fatigue sont gommées des affiches de campagne ou des clichés officiels. Sur la place publique on raille la coquetterie. Mais l’image du pouvoir peut-elle être celle de la réalité ? Serions-nous prêts à l’accepter comme telle ? N’est-elle pas, par nature, une image faussée, complexe, composée pour nous satisfaire et nous rassurer ?