Louis XIV
René Antoine Houasse
2ème moitié du 17ème siècle
Huile sur toile
Musée des Beaux-arts, Arras

La majesté des centaures

Le portrait équestre se développe au 17ème siècle, suivant le modèle initié par Titien, représentant Charles Quint. Chevaucher un cheval fougueux et le maîtriser sans peine est une démonstration de pouvoir, notamment dans le contexte où s’affirme l’absolutisme monarchique. « Un roy, étant bon cavalier, saura mieux gouverner ses peuples, quand il faudra les récompenser ou les châtier, quand il faudra leur tenir la main serrée ou quand il faudra la relâcher… », affirme au milieu du 17ème siècle le duc de Newcastle. Le portrait équestre montre le monarque victorieux, contrôlant sa monture comme ses sujets, avec calme et assurance.
Louis XIV garde l’expression impavide de ses prédécesseurs, qui rompt avec la fougue et le tumulte du cheval cabré, piaffant d’impatience. Le bâton de commandement, judicieusement placé, transforme l’animal en licorne, donnant ainsi au roi une monture fabuleuse, l’inscrivant dans le royaume des dieux antiques, le ciel occupant plus des trois quarts du paysage.
Pierre Mignard, quelques années plus tard, accentue encore la référence en montrant le roi, vêtu à l’antique, couronné par la victoire, devant Maastricht ; l’allégorie exalte le portrait équestre.