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A partir des années 1960, l’affiche devient un élément central de la communication politique. Les publicitaires entrent en scène.
Vingt ans plus tard, ils créent les slogans comme les éléments visuels des campagnes électorales. L’ensemble des plans de communication leur sont confiés ; l’affect, la séduction et l’émotion sont privilégiés.
En 1981, Jacques Séguéla, publicitaire, co-fondateur de l’agence de communication RSCG, dirige la campagne présidentielle de François Mitterrand. Il décide de « miser » sur l’homme. « La force tranquille » ne dit rien du programme du candidat. Il s’agit de donner un nouveau visage au socialisme, de le présenter comme la voie du changement, et non de la rupture, enfin, comme un idéal politique qui « donne du temps au temps ».
François Mitterrand, en très gros plan et costume clair, apparaît sur le fond d’un paysage rural, montrant un homme attaché aux traditions de la terre. Les trois couleurs sont esquissées.
L’image s’impose d’emblée. Personne ne souligne alors sa ressemblance avec l’affiche du Maréchal Pétain « Patrie » et le rappel commun aux traditions rurales. Cet aspect, d’ailleurs repris par les affiches de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, montre que s’affirmer proche du monde rural demeure une valeur sûre.
Un cap est sans doute franchi lors la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1988. Le slogan « La France Unie » est le seul texte de ses affiches. Devenu « l’incarnation » d’un pays, son nom n’a plus besoin d’être inscrit. La figure « sacrée » a remplacé le message politique.