Marionnettes, caricatures et télévision

Jacques Chirac

"Bonaparte, premier consul, franchissant le Saint-Bernard, le 20 mai 1800" Anne François Arnaud, d’après Jacques-Louis David, 1ère moitié du 19e siècle - Huile sur toile - Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Troyes


© Alain Guillard
(Château des ducs de Bretagne)


Jacques Chirac

Marionnette du Bébête Show
Musée d’histoire contemporaine, conservé à Nanterre

«  C’est ma grande revendication. Je ne ferai un bon score que si j’ai ma marionnette aux Guignols ».
Daniel Cohn- Bendit, le Monde, novembre 1998.

Le bébête Show, présenté sur TF1 de 1981 à 1993 et les Guignols de l’info, sur Canal + depuis 1988, s’inscrivent dans la tradition des satires politiques.
Les différences entre les deux émissions sont cependant importantes. Si le bébête Show, inspiré du Muppets Show américain met en scène une ménagerie de personnages politiques qui s’insultent, tiennent des propos obscènes et se battent, montrant le monde politique comme une jungle violente où règne la bêtise, les Guignols de l’info, inspirés du programme anglais Spitting Image, jouent sur un autre registre.
Plus proche des hommes politiques en ne misant pas sur des transformations physiques importantes, les Guignols de l’info  proposent de voir l’homme derrière la caricature. Se présentant comme un « contre-journal » télévisé, ils mettent en place une confusion entre la marionnette et son double, entre le mensonge et la réalité.
La progression des Guignols de l’info d’une émission de dérision à une émission politique est perceptible ; les débats sur le rôle -réel ou fictif- que l’émission joua dans l’élection de Jacques Chirac en 1995 -on se souvient de l’expression « mon boulot de dans deux ans… »- ont été une illustration de ce glissement.